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Le bébé et l’attachement

15-07-2010
C’est quoi, l’attachement? L’attachement, c’est le lien affectif durable qui existe entre un enfant et l’adulte qui en prend...

Le bébé et l’attachement

15-07-2010

C’est quoi, l’attachement?

L’attachement, c’est le lien affectif durable qui existe entre un enfant et l’adulte qui en prend soin. C’est un lien très important, car pour bien se développer dans son cœur et dans sa tête, le bébé a absolument besoin d’un lien avec une ou des personnes significatives pour lui.  Il a besoin non seulement d’être nourri physiquement, mais aussi d’être touché, qu’on lui parle, qu’on joue avec lui.  Bref, il a besoin de compter sur au moins une personne en particulier.  On sait que les bébés élevés dans des orphelinats surpeuplés peuvent même mourir s’ils ne sentent pas de lien affectif avec quelqu’un ou s’ils perdent la seule personne avec qui ils avaient un lien.  Certains cessent de manger et se laissent ainsi mourir.

Qu’en est-il du bébé normal?  L’attachement commence à se développer dans le ventre de la mère.  Le bébé en gestation qui se sent accueilli et désiré est déjà dans un lien positif avec sa mère et son père et construit ainsi son estime de soi.  Puis, après la naissance, les parents lui prodiguent des soins, lui parlent, jouent avec lui, tiennent compte de ses besoins et de ses réactions. Le lien d’attachement continue ainsi de se développer. 

De son côté, le jeune bébé fait ce qu’il faut pour garder l’adulte qui en prend soin près de lui : il démontre un intérêt soutenu pour les visages humains, la voix humaine, il sourit, pleure pour faire venir à lui, tend la main vers l’autre aussitôt qu’il en est capable, démontre de mille et une façons son intérêt pour l’autre.  Il est « programmé » pour chercher à garder une proximité avec les adultes dispensateurs de soins.

 Le jeune bébé ne semble cependant pas faire beaucoup de différence entre les adultes qui s’occupent de lui jusqu’à l’âge de 6 à 9 mois.  C’est vers cet âge que le jeune enfant se met à mieux différencier les personnes familières des inconnus et n’accepte plus qu’un étranger s’occupe de lui. On connaît bien les crises des enfants de cet âge qui ont peur de perdre maman… car ils ne comprennent pas encore très bien que maman, ou papa, continue d’exister même lorsqu’il ne les voit pas. 

 C’est à partir de l’âge d’un an qu’on peut observer plus clairement si un enfant a développé un attachement « sécurisé » ou non.  L’attachement sécurisé est celui dans lequel la présence de l’adulte familier permet à l’enfant de se détendre et de savoir qu’il est en sécurité, ce qui lui permet de partir, ouvert et confiant, à la découverte du monde qui l’entoure. Par contre, dans une situation où le parent quitte pour un moment son enfant en le laissant en présence d’un étranger, l’enfant dont l’attachement est sécurisé montrera des signes d’inquiétude.  Quand le parent revient, il ira vers lui pour se faire rassurer. S’il a pleuré, la présence et les caresses du parent le réconforteront.  C’est le cas de la majorité des enfants.

Une minorité d’enfants développent toutefois un type d’attachement « insécurisé ».  Certains sont apparemment peu dépendants de l’adulte, ce qui est une situation anormale pour un jeune enfant qui a évidemment besoin de l’adulte.  Si l’adulte familier s’en va, ils peuvent continuer de jouer tranquillement, semblent à peine s’apercevoir que le parent est parti et ne cherchent pas à se faire rassurer à son retour.  On dit d’eux qu’ils ont un attachement « évitant ».  D’autres enfants manifestent un attachement « ambivalent » : quand le parent revient, ils accourent vers lui ou elle, mais ne semblent pas rassurés, se mettent même parfois en colère tout en restant avec le parent. 

Certains enfants nous inquiètent parce qu’ils semblent le plus souvent autant à l’aise avec une personne étrangère qu’avec leurs propres parents.  C’est comme s’ils n’avaient pas créé de lien d’attachement avec qui que ce soit.  On voit parfois ce comportement chez certains enfants qui ont été gravement négligés en bas âge.

Ce fameux lien d’attachement qui se construit durant l’enfance est excessivement important puisqu’il devient pour la vie notre représentation mentale et affective inconsciente de ce qu’est une relation intime avec quelqu’un d’autre.  Si j’ai été aimée, qu’on a pris soin de  moi, qu’on m’a consolée et accompagnée dans mon développement,  je sais que je peux aimer  à mon tour.  Il ne s’agit pas d’un savoir intellectuel; je mène ma vie comme ça, même si je ne l’exprime jamais en mots.  Ce savoir est imprimé dans mon cerveau depuis les premières années de ma vie. Il définit le plus souvent comment je me comporte avec mon conjoint, comment j’élève mes enfants.  J’ai tendance à développer le même type d’attachement avec mes enfants que celui que j’ai eu avec mes parents.

 Dans un article subséquent, nous regarderons les moyens qu’un parent peut mettre en œuvre pour favoriser l’établissement d’un attachement sécurisé chez son enfant.

 

 

Claudette Nantel,

Psychothérapeute, spécialiste en psychologie pré et périnatale

claudettenantel@sympatico.ca

Cet article est présenté par Maman Kangourou (www.mamankangourou.com)

L’AMOUR MATERNEL ET LA CONSTRUCTION DU CERVEAU DU BÉBÉ

17-07-2010
Lorsqu’un bébé naît, ses organes internes sont assez bien achevés, mais son cerveau continue son développement durant plusieurs...

L’AMOUR MATERNEL ET LA CONSTRUCTION DU CERVEAU DU BÉBÉ

17-07-2010

Lorsqu’un bébé naît, ses organes internes sont assez bien achevés, mais son cerveau continue son développement durant plusieurs années. Le poids moyen du cerveau passe d’environ 400g à la naissance à 1 000g à un an et 1 100g à 2 ans (80% du poids du cerveau adulte). Le cerveau se développe de façon phénoménale à partir du troisième trimestre de la grossesse jusqu’à la fin de la première année de vie.   Mais pour développer son potentiel génétique, le cerveau du bébé a absolument besoin de contact social et affectif. 

 

C’est John Bowlby, un psychiatre britannique, qui a affirmé dès les années 50, que la relation d’attachement avec au moins un adulte était aussi nécessaire au développement affectif de l’enfant que la nourriture l’est à sa croissance physique. Il a élaboré, avec Mary Ainsworth, une psychologue américaine, la théorie de l’attachement.  Le bébé développera un attachement « sécurisé » s’il reçoit au jour le jour les soins d’un adulte sensible, qui sait lire ses signaux et répondre à ses besoins physiques et affectifs de façon assez consistante.  S’il est régulièrement en lien avec un adulte inconsistant dans ses soins, qui lui manifeste peu d’affection, il développera un attachement « insécurisé ».

 

Les recherches en neurobiologie du développement depuis les années 90 nous ont permis de voir comment ce développement de l’attachement s’élabore dans le cerveau du bébé et de confirmer que le lien d’attachement est une nécessité biologique. C’est d’abord l’hémisphère droit du cerveau qui se développe chez l’enfant.  Le cerveau droit, dominant chez le fœtus et le bébé jusqu’à l’âge de 3 ans, est, entre autres, le siège des aspects non-verbaux de la communication, de l’intuition, de l’empathie, de la créativité et du sens de soi émotionnel et corporel. Le cerveau gauche, verbal et conceptuel, se développera plutôt à partir de l’âge de 3 ans. La majorité des chercheurs affirment que c’est l’environnement social des deux premières années de la vie, particulièrement le lien mère-enfant, qui permet la maturation du cerveau droit. C’est  là que se construisent les bases de l’adaptation sociale, des mécanismes de gestion du stress et du contrôle des émotions.  « Le cerveau est littéralement sculpté par les expériences de communication et par les émotions ressenties durant la petite enfance. » (Jeliu et Cousineau, 2003)

 

À l’intérieur de l’hémisphère droit, c’est surtout au centre du cerveau, dans le système limbique droit, que s’inscrivent les premières expériences socioaffectives du bébé de 0 à 2 ans. Durant les premiers six mois, on observe une construction accélérée de cellules et de connexions (« synapses ») entre les neurones dans les amygdales cérébrales, situées dans le système limbique.  À cet âge, le bébé est très avide de contact social avec tout être humain.  Il a un intérêt marqué pour le visage humain.  C’est dans ses amygdales cérébrales que se logent les premières associations qu’il établit avec plusieurs états émotifs comme la peur, la joie, l’amour : par exemple, « maman, papa m’aime », « quand je suis triste, maman me console » ou « je ne peux pas vraiment compter sur les autres ».  Ces expériences sont vécues lors du contact affectif avec la mère et autres proches, par le regard, le toucher, les caresses ou les vocalises, durant les activités quotidiennes de soins et de jeux.

 

Puis, vers l’âge de 6 mois, il y a une maturation de l’amygdale et l’activité plus intense de construction neurologique se déplace vers le gyrus cingulé (première circonvolution au dessus du corps calleux) et les noyaux septaux.  Le bébé s’attache maintenant aux personnes connues qui lui fournissent des soins et refuse le contact avec les étrangers. C’est comme si l’activité neurologique dans le gyrus cingulé et les noyaux septaux inhibait l’activité de l’amygdale caractérisée par une avidité de contact social avec n’importe qui.  Parmi les personnes à qui l’enfant fait confiance, la mère est en général la préférée.  On voit apparaitre l’anxiété de séparation typique de la fin de la première année.

 

À partir de la 2e année de vie, on observe une activité plus intense dans le cortex orbitofrontal (derrière l’orbite de l’œil). Ce cortex est le « cadre supérieur » du cerveau socioémotionnel, et joue un rôle important dans le contrôle de soi émotionnel et comportemental.  La qualité de l’attachement, le contrôle de soi et tout ce qui leur est relié (estime de soi, capacité d’empathie, etc.) continueront de se développer jusqu’à l‘âge adulte, mais la base semble être construite vers 2 ou 3 ans.

 

Si l’enfant est privé durant ses premiers six mois de contact affectif, son amygdale demeure fonctionnellement inerte et on observe chez lui un comportement « catatonique », semblable à l’autisme.   Nous l’avons observé malheureusement trop souvent dans certains orphelinats surpeuplés.  Une privation de stimulation sociale après l’âge de 6 mois risque de produire chez l’enfant une familiarité excessive à l’égard de purs étrangers, comme si le gyrus cingulé et le noyau septal, n’étant pas stimulés, ne pouvaient pas inhiber l’activité de l’amygdale.  Jeliu et Cousineau (2003) expliquent que dans certains cas extrêmes de dysfonction du système d’attachement, on observe un  genre de « cécité sociale », une inhabilité à identifier et répondre aux signaux sociaux habituels et une grande difficulté à se souvenir des visages, des gens, des lieux.

 

Alors la prochaine fois que vous sentirez que vous n’avez « rien fait de la journée » à part vous occuper de votre bébé, vous pourrez vous consoler en vous disant que durant toute cette très importante journée, vous avez sculpté dans le cerveau de votre enfant ce dont il aura besoin tout au long de sa vie pour être en lien avec lui-même et fonctionner en société. 

 

Claudette Nantel,

Psychothérapeute, spécialiste en psychologie pré et périnatale

claudettenantel@sympatico.ca

Cet article est présenté par Maman Kangourou (www.mamankangourou.com

 

 

Pour en savoir plus :

 

- illustration du  système limbique :

           a) http://lyon-sud.univ-lyon1.fr/1197455438771/0/fiche___document/&RH=1196427363463 (cliquer sur le 2lien « Physiologie émotions couleur. pdf », dérouler jusqu’à la page 23)

           b) http://www.trauma-pages.com/a/schore-2001a.php   Déroulez jusqu’au premier tiers de l’article, voir le schéma du cerveau. L’article est très technique, mais super, si vous lisez l’anglais. Cet article de Schore est un classique, une référence de base pour la neurobiologie de l’attachement.

- Jeliu, G. et  D. Cousineau (2003).  Le cerveau et l’amour maternel.  Revue PRISME, no. 40, pp. 118-125 – Les Dr Jeliu et Cousineau sont pédiatres à l’hôpital Ste-Justine de Montréal.

 

- Sunderland, Margot (2007).  La science au service des parents. Montréal : Ed. Hurtubise – Un livre qui aborde l’éducation de l’enfant en fonction des connaissances sur le développement du cerveau et du système nerveux.

 

http://www.centrejeunessemonteregie.qc.ca/web/pdf/enjeu_Recherche2004.pdf - Rapport de recherche sur  l’attachement, du Centre jeunesse de la Montérégie (2004) -  Des experts québécois parlent d’attachement, d’abandon, de carence affective et de leurs effets sur les enfants.  Intéressant particulièrement pour les parents naturels, adoptifs ou d’accueil qui élèvent des enfants ayant subi des expériences difficiles dans leurs premières relations affectives.

 

LE MATERNAGE PROXIMAL

17-07-2010
Comment faire pour favoriser chez mon bébé un attachement sécurisé? Dans les 2 premiers volets de cette série d’articles sur...

LE MATERNAGE PROXIMAL

17-07-2010

Comment faire pour favoriser chez mon bébé un attachement sécurisé? Dans les 2 premiers volets de cette série d’articles sur l’attachement, nous avons abordé ce qu’est l’attachement chez le bébé, puis comment il se développe dans son cerveau. Nous savons que les enfants qui développent un attachement « sécurisé » ont d’excellentes chances de devenir des adolescents et des adultes bien adaptés socialement, capables de relations saines avec les autres. 

Certains disent qu’il ne faut pas « gâter » un bébé, qu’il faut le laisser pleurer pour qu’il « développe ses poumons », qu’il apprenne à se consoler tout seul et qu’il devienne autonome le plus vite possible.  Qu’en est-il des besoins réels du bébé?  Les experts en psychologie infantile s’accordent en général pour dire que le maternage « proximal »  répond le mieux à ses besoins affectifs, en particulier le besoin d’être proche de ses parents pour se sentir en sécurité.  Maternage « proximal », de « proche » vs « distal », de « distance ».  C’est l’équivalent de l’expression américaine, « attachment parenting », popularisée dès les années 80 par le Dr William Sears.  Il s’agit d’une philosophie de l’éducation du bébé qui prend pour acquis que plus les parents répondent avec sensibilité aux besoins de dépendance de leur enfant en bas âge, plus il développera une réelle autonomie plus tard.  Le maternage proximal est caractérisé par des comportements parentaux de disponibilité, de réponse rapide et de sensibilité aux besoins du bébé.  Ce sont les comportements qui semblent favoriser la sécurité de base du bébé et par conséquent, l’attachement sécurisé.

Le maternage proximal commence si possible par un contact en peau à peau entre mère et bébé (et entre père et bébé) immédiatement après la naissance. Ce contact tactile, intime, entre le bébé et ses parents favorise l’établissement d’un lien affectif profond.  L’allaitement est ensuite un choix logique pour la mère qui recherche une proximité avec son bébé. On connaît les innombrables avantages de l’allaitement pour le bébé et la mère.  L’allaitement sur demande facilite la réponse rapide aux besoins du bébé. Toutefois, il est possible de faire du maternage proximal et de répondre avec empressement à son bébé tout en le nourrissant au biberon. Ce qui compte surtout pour aider le bébé à développer un attachement sécurisé, c’est la disponibilité des parents. Les parents « proximals » répondent rapidement au bébé qui pleure, même si c’est « seulement » parce qu’il a besoin d’être dans les bras de ses parents.  Le besoin affectif du bébé est pour eux un besoin tout aussi important que ses besoins physiques. 

On ne « gâte » pas un jeune bébé en venant rapidement à sa rescousse. Celui-ci est facilement débordé par des émotions intenses de peur, de tristesse, de colère et même de plaisir et de joie. Il ne sait pas encore « réguler » ses émotions;  il compte sur l’adulte familier pour le « contenir » et le ramener au calme.  Pleurer est le seul moyen qu’un bébé a de communiquer sa détresse.  Il est important de répondre à ses pleurs.  Et c’est en général le premier réflexe de la mère de répondre à son bébé qui pleure.  La mère qui croit qu’elle « doit laisser pleurer son bébé pour son bien » fait beaucoup d’efforts pour ignorer sa propre détresse.  Le maternage proximal permet ainsi à la mère de suivre son instinct de consoler son bébé. 

Les parents « proximals » choisissent souvent aussi de porter leur bébé sur leur corps pendant plusieurs heures durant la journée.  Le  porte-bébé facilite le portage du bébé tout en permettant aux parents de vaquer à leurs activités.  Plusieurs études ont démontré que les bébés portés pleurent beaucoup moins, de jour et de nuit, que les bébés non portés.

 La disponibilité des parents « proximals » ne s’arrête pas à la tombée du jour.  Un autre aspect du m aternage proximal est le cododo.  Le bébé dort dans la chambre de ses parents, par exemple dans un petit lit à côté du lit conjugal, ou bien, ce qui est particulièrement pratique pour la mère qui allaite, dans le lit parental.  La Société canadienne de pédiatrie recommande d’ailleurs qu’un bébé passe les premiers six mois de sa vie à dormir dans la chambre de ses parents.  C’est qu’on a découvert que le bébé qui dort dans une autre pièce a deux fois plus de risque de mourir de syndrome de mort subite du nourrisson.  La présence et la proximité des parents aident le bébé à régulariser sa respiration, son rythme cardiaque, en plus de le sécuriser sur le plan affectif.  Si les parents le désirent, le cododo peut se prolonger pendant encore plusieurs mois.  Ce peut être une bonne façon de continuer à pratiquer un parentage proximal une fois que la mère est retournée au travail.

Bref, les parents « proximals » acceptent que leur enfant ait une période de grande dépendance en début de vie et refusent de le presser à devenir « grand » avant qu’il ne soit prêt.  L’enfant dont les besoins de dépendance et de protection ont été satisfaits a le goût de grandir et de devenir autonome.  Les parents « proximals » donnent beaucoup d’eux-mêmes au début de la vie de leurs enfants, mais récoltent plus tard une relation plus facile et confiante avec ces mêmes enfants devenus autonomes et bien dans leur peau.

 

Claudette Nantel,

Psychothérapeute, spécialiste en psychologie pré et périnatale

claudettenantel@sympatico.ca

Cet article est présenté par Maman Kangourou (www.mamankangourou.com

 

Pour en savoir plus :

-       inscrire « maternage proximal », ou en anglais « attachment parenting », dans votre moteur de recherche pour trouver des dizaines de sites intéressants.

-       un excellent guide pour les parents, qui vient d’être réédité, « Élever son enfant… autrement », de Catherine Dumonteil-Kremer

-       plusieurs des livres du Dr William Sears ont été traduits en français (« Que faire quand bébé pleure? », « Être parent la nuit aussi », etc.).  Vous les trouverez en librairie, sur le site de la Ligue La Leche http://www.allaitement.ca/produits/produits.php?g_menu=5 ou celui de Maman Autrement http://www.mamanautrement.com/livres/education.php

Si vous lisez l’anglais,

-       Attachment parenting, de Katie Allison Granju & Betsy Kennedy (1999 - N.Y : Simon and Schuster, Pocket Books) est encore la petite « bible » à lire.

-       un excellent article récent, très complet et documenté, de la revue Mothering : “Attachment theory in everyday life”, de Lauren L. Porter. Mothering, may-june 09, pp. 44 -57.

 

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CODODO ET SÉCURITÉ DU BÉBÉ

17-07-2010
Le cododo ou sommeil partagé, c’est lorsqu’un parent dort proche de son bébé, en général dans la même pièce.  Le partage du lit...

CODODO ET SÉCURITÉ DU BÉBÉ

17-07-2010

Le cododo ou sommeil partagé, c’est lorsqu’un parent dort proche de son bébé, en général dans la même pièce.  Le partage du lit est une forme spécifique de cododo : le bébé dort avec au moins un de ses parents sur la même surface.  Pratique aussi vieille que l’humanité, le cododo est encore très répandu chez les deux tiers de la population de la planète, dans les pays industrialisés ou non d’Asie, d’Afrique, d’Amérique du sud et centrale.  Chez nous, après de nombreuses années de sommeil en solitaire du bébé dans sa chambre séparée de celle de ses parents, le cododo connaît une recrudescence.  Comment s’assurer qu’il soit sécuritaire?

 

La mort subite du nourrisson (MSN) et la mort inattendue du nourrisson (par exemple, par suffocation) sont les causes les plus fréquentes de décès des bébés de 1 mois à 1 an. Elles ont été réduites de moitié durant les années 90 suite à la campagne de sensibilisation recommandant aux parents de coucher leur bébé sur le dos, sur une surface plate et ferme, sans couverture ou oreiller mou, et aux mères de s’abstenir de fumer durant leur grossesse. Et lorsqu’on respecte toutes ces précautions, on constate que la probabilité de MSN diminue encore de 50% chez les bébés qui dorment à proximité de leurs parents par rapport à ceux qui dorment en solitaire dans leur chambre.  La Société canadienne de pédiatrie recommande donc depuis 2004 le cododo parents-bébé durant les premiers six mois de vie du bébé (voir http://www.cps.ca/francais/enonces/CP/CP04-02.pdf)  On y recommande le cododo sur des surfaces séparées, mais pas le partage du lit, qui comporte certains risques qu’il faut connaître.

 

 Le cododo sur des surfaces séparées satisfait beaucoup de parents, car il leur permet de vérifier si leur bébé respire bien et de répondre à ses besoins nocturnes sans trop se réveiller eux-mêmes.  Pour le bébé, il est extrêmement sécurisant d’entendre la respiration de ses parents, de sentir leur odeur, de les savoir très proches s’il a besoin d’eux.  En général ce cododo se pratique avec un moïse ou une couchette proche ou accolée au lit des parents.  Il existe aussi de petits lits spéciaux qui s’accrochent sur le rebord du lit parental ou d’autres qu’on dépose dans le lit, entre le père et la mère.

 

-family: inherit; vertical-align: baseline; line-height: 16px; text-align: justify; margin: 0px; border: 0px initial initial;">Si les moïses et les couchettes pour bébés sont généralement construits en respectant les normes de sécurité pour ces derniers, les lits d’adultes ne le sont pas.  Alors, en partage du lit, il s’agit de reproduire dans son lit d’adulte toutes les conditions de sécurité pour bébé.  Il faut d’abord s’assurer que le bébé ne puisse pas tomber du lit.   La solution la plus simple est de se débarrasser de la structure du lit et de poser le matelas par terre, à une bonne distance du mur.  Le risque de chute grave est ainsi évité.  La plupart des accidents mortels dans le lit parental surviennent lorsque le bébé se coince entre le cadre du lit et le matelas, entre la tête ou le pied du lit et le matelas; ou encore entre le matelas et le mur (ou un meuble) si on a poussé le lit contre un mur et qu’il s’en est dégagé un tant soit peu.

 

On évitera toujours de dormir avec un bébé sur un canapé, un fauteuil rembourré ou un lit d’eau, car on multiplie alors par 25 le risque de MSN ou de mort accidentelle par asphyxie.  Non seulement la surface est trop molle, mais dans les canapés et fauteuils rembourrés, il y beaucoup d’endroits où le bébé peut se coincer et s’asphyxier : entre les coussins, entre un coussin et le dossier ou l’accoudoir.  

 

Dans le lit parental, le bébé doit aussi être éloigné des couvertures, couettes, oreillers mous, etc.  Si les parents utilisent des couvertures, il est préférable d’en avoir plusieurs qui sont minces, en tissu poreux comme du coton, et d’éviter les couvertures épaisses et les duvets.  Le bébé peut dormir, toujours sur le dos, dans une gigoteuse ou un pyjama à pattes assez chaud, sans couverture.  Avant l’âge d’un an, il faut aussi voir à ce que le bébé ne couche pas à côté d’un enfant plus âgé, ni près d’un animal domestique.  Si un enfant plus âgé couche dans le lit familial, soit on dépose le jeune bébé dans sa couchette à proximité du lit familial, soit on s’assure en tout temps que le corps de la mère (ou du père) sert de rempart entre le plus vieux et le plus jeune.

 

Lorsque les parents fument -s.v.p. jamais dans la chambre du bébé, on recommande le cododo sur des surfaces séparées.  On ne conseille pas à une mère qui a fumé durant sa grossesse de coucher avec son bébé, même si elle l’allaite.   La combinaison du tabagisme maternel durant la grossesse et le partage du lit est un facteur de risque pour la MSN, alors que le cododo sur des surfaces séparées en est un de protection.

 

On conseille aussi aux parents obèses de ne pas partager leur lit avec bébé.  Le poids de leur corps sur le matelas peut créer un creux dans lequel le bébé pourrait se coincer et il y a donc risque d’écrasement du bébé.

 

Si l’un ou l’autre des parents est sous l’effet de l’alcool ou de toute autre substance affectant la vigilance, il est très important de déposer l’enfant dans sa couchette et non dans le lit parental.  Il en est de même pour les parents excessivement fatigués ou malades.  Quand on constate en partage du lit un décès de bébé par écrasement ou asphyxie accidentelle, très souvent le parent concerné n’était pas en état de s’occuper d’un bébé.

 

Malgré tous ces avertissements qui nous portent à croire que le partage du lit est dangereux pour le jeune bébé, ce n’est pas le cas lorsque les précautions de base sont respectées par les parents.  Certains experts font même l’hypothèse que la situation d’une mère non-fumeuse qui allaite et partage son lit avec son bébé constitue au contraire un facteur de protection contre la MSN.  La littérature scientifique ne contient aucun cas d’une telle mère qui aurait écrasé son bébé durant le partage du lit à moins que d’autres facteurs ne soient présents : alcool, drogues (incluant certains médicaments contre le rhume ou les allergies qui produisent de la somnolence), fatigue excessive.  La Ligue La Leche encourage les mères à allaiter couchées dans leur lit, même s’il leur arrive de s’endormir avec leur bébé contre elles.  On sait que cette proximité nocturne mère-bébé favorise l’établissement et la durée de l’allaitement.   Il semble maintenant démontré aussi que l’allaitement soit un facteur de protection contre la MSN. 

 

uot;>Ajoutons que le cododo se doit d’être un choix familial. Il n’est un bon choix que lorsque toute la famille dort mieux et que chacun y voit ses besoins affectifs et physiques respectés. Certains parents ont des raisons valides de choisir que leur bébé dorme dans sa propre chambre.  À ce moment, la réponse rapide aux pleurs nocturnes et de nombreux câlins le jour aideront à bien répondre aux besoins de contact du bébé.   

 

Claudette Nantel

Psychothérapeute, spécialiste en psychologie pré et périnatale

claudettenantel@sympatico.ca

Cet article est présenté par Maman Kangourou (www.mamankangourou.com

 

 

Ressources additionnelles :


 En français :


http://cododo.free.fr/ : le site francophone sur le cododo, écrit par Nathalie Roques, rempli d’informations, suggestions, témoignages sur l’expérience personnelle de l’auteur.  À consulter absolument.

 

http://www.aspq.org/view_bulletins.php?id=53&article=265 : article de l’Association pour la santé publique du Québec en faveur du cododo.

 

http://www.babyfriendly.org.uk/pdfs/french/sharingbedleaflet_french.pdf : « Partager un lit avec votre bébé : un guide pour les mères qui allaitent. » feuillet de l’UNICEF (Royaume-Uni) qui résume les précautions à prendre pour partager son lit avec bébé en toute sécurité.

 

http://www.votre-enfant.com/wiki/La_mort_subite_du_nourrisson_%28MSN%29 : article tiré du journal  Le Figaro (2006) qui décrit bien les enjeux du cododo et du partage du lit, les risques de MSN, etc.

 


En anglais :


http://www.nd.edu/~jmckenn1/lab/index.html : le site anglophone sur le cododo, celui du Dr James McKenna, anthropologue américain et autorité mondiale sur le cododo.  Un article très intéressant du Dr McKenna, Why We Never Ask "Is it Safe for Infants to Sleep Alone?”: Historical Origins of Scientific Bias In the Bed-sharing SIDS "Debate", se trouve aussi àhttp://www.naturalchild.org/james_mckenna/why_we_never_ask.html 

 

McKenna, James J. (2007).   Sleeping with your baby: a parent’s guide to cosleeping.  Whether you do it occasionally or every night, do it safely.   Washington, DC : Platypus Media, LLC.  Excellent petit livre, écrit par le grand spécialiste américain du cododo, pour informer les parents sur les facteurs de risque à connaître lorsqu’on veut profiter au maximum de son expérience de partage du sommeil avec son bébé.  Disponible sur internet (moins de 20$) sur www.chapters.indigo.ca ou www.amazon.ca

 

L’excellente revue américaine Mothering (qu’on trouve souvent au Québec dans les magasins d’aliments naturels) a publié en 2002 un numéro spécial sur le cododo.  Ces articles, encore tout à fait d’actualité, sont regroupés dans un livret,  « Sleeping with your baby: the world’s top scientists speak out »  qu’on peut commander à www.mothering.com/shop ou 1-888.810.4150.

 

On peut commander de la même source le numéro de janvier-février 2009 de Mothering qui contient un excellent article-synthèse, de L. Gettler et J. McKenna, « The science of sharing sleep », qui fait une mise à jour des plus récentes données scientifiques sur le cododo.

 

COMMENT SE VIT LE CODODO?

17-07-2010
Un article précédent (Cododo et sécurité du bébé) donnait une idée d’ensemble sur les risques de mort subite du nourrisson...

COMMENT SE VIT LE CODODO?

17-07-2010

Un article précédent (Cododo et sécurité du bébé) donnait une idée d’ensemble sur les risques de mort subite du nourrisson (MSN) ou de mort inattendue chez le nourrisson, ainsi que les précautions à prendre pour assurer la sécurité du bébé.  Si le cododo avec le bébé (partage de la chambre des parents) est recommandé par tous les experts, le partage du lit est une pratique controversée à cause des risques qu’elle peut comporter. 

 

Selon diverses enquêtes nord-américaines et européennes, environ de 25% à 50% des nouvelles mamans partagent leur lit avec leur bébé au moins à l’occasion. Pourquoi une mère ou des parents choisissent-ils de partager leur lit avec bébé?  Le plus souvent, c’est parce que cette proximité facilite l’allaitement, ainsi que le sommeil de la mère et du bébé.  Dans une recherche par le Dr Helen Ball, en Angleterre, 72% des mères ayant allaité durant au moins un mois ont partagé leur lit avec leur bébé durant les premiers mois, alors que seulement 38% des autres l’ont fait.  La plupart des bébés commencent leur nuit dans une couchette proche du lit des parents, sont pris par la mère dans son lit pour la première tétée de la nuit et y terminent leur nuit. Il semblerait aussi qu’environ 25% des parents qui nourrissent leur bébé au biberon partagent leur lit avec lui : par philosophie d’éducation des enfants, par nécessité (bébé irritable ou malade, famille en voyage), par plaisir ou par manque d’espace.

 

On constate l’existence de deux groupes de mères (parents) en partage du lit : les « intentionnelles », celles qui le font par conviction et les « réactionnelles », qui le font par nécessité, parce que c’est la meilleure façon de calmer leur bébé et de leur assurer une nuit un peu plus confortable. La majorité (un peu plus de 60%) des mères des deux groupes est d’accord que le cododo est bon pour réconforter l’enfant, pour sa santé émotionnelle, pour le rapprochement de la famille.  Une majorité presque identique est aussi d’accord que cette pratique dérange son sommeil, le sommeil du conjoint et la relation de couple.  Une mère « réactionnelle », qui choisit de continuer malgré les inconvénients, dit  « c’est la vie avec un bébé » ; une autre, « ce n’est pas ce qu’on avait prévu, mais mon enfant en a besoin ».  Certains parents « intentionnels » (20%) rapportent avoir parfois des différences d’opinion avec le conjoint sur l’organisation des surfaces de sommeil du bébé et de ses parents.  Une mère dit : «… Parfois je voudrais juste me coller contre mon chum et il y a un bébé entre nous.  Parfois je me réveille parce que j’ai reçu un coup de pied dans la poitrine.  Je sais que je fais ce qui est bon pour mon enfant, et c’est une joie de voir son doux sourire au réveil.  Mais je tiens à vous dire que ce n’est pas toujours facile. »

 

Une étude de Barone (2002) fait ressortir des différences entre les bébés qui dorment en solitaire dans leur chambre et ceux qui partagent le lit de leur mère : chez les solitaires, on constate un sommeil plus agité, donc possiblement plus de stress : plus de mouvements, de sursauts, de pleurs (il en faut plus pour faire venir la mère).  Les bébés qui partagent la couche de leur mère sont moins agités, sursautent rarement, pleurent moins, passent plus de temps en périodes de sommeil léger et se réveillent plus souvent que les solitaires.  Les mères qui allaitent ne se plaignent pas en général de ces réveils (et tétées) plus fréquents durant la nuit : leurs cycles de sommeil se synchronisent avec ceux du bébé et leurs réveils sont donc plus courts et moins dérangeants que ceux des mères qui doivent se lever du lit pour s’occuper de leur bébé.

 

Des observations de couples mères-bébés en partage du lit ont été faites en laboratoire et à domicile, à l’aide de caméras à l’infrarouge, par les anthropologues J. McKenna et H. Ball, aux U.S.A. et en Angleterre.  On y a constaté des différences de comportement entre les mères qui nourrissent au sein et celles qui nourrissent au biberon.  Les premières se positionnent presque toujours sur le côté, le visage du bébé à hauteur de poitrine, jambes relevées sous ses pieds et un bras au-dessus de sa tête.  Ce rempart maternel empêche le bébé de migrer vers les oreillers et la tête de lit, qui pourraient lui causer un problème.  Et dans cette position, la mère ne peut se retourner et écraser son bébé; le père ne pourrait pas plus écraser le bébé dans son sommeil sans d’abord réveiller la mère.

 

Une fois endormies avec lui, les mères qui offrent le biberon n’ont pas l’avantage d’avoir des cycles de sommeil synchronisés sur ceux de leur bébé et ne réagissent donc pas aussi rapidement aux mouvements et bruits de leur bébé.  Elles le positionnent souvent en haut du lit, la tête à la hauteur de leur visage.  De plus, elles lui tournent plus souvent le dos, contrairement aux mères qui allaitent, qui font face à leur bébé presque toute la nuit.   Les experts conseillent donc aux mères qui offrent le biberon de coucher plutôt leur bébé dans une couchette à côté de leur lit. 

 

Ajoutons, toutefois, que les mères qui ont l’habitude de partager leur couche avec bébé le positionnent plus proche d’elles et répondent plus rapidement à ses besoins que les mères qui n’ont pas l’habitude du partage du lit.  Serait-ce que la sensibilité que démontrent spontanément la plupart des mères qui allaitent peut s’apprendre, avec l’expérience, chez les autres? Une fois les informations digérées, il appartient à chaque mère, à chaque couple parental, d’expérimenter et de choisir ce qui leur convient le mieux, dans le plus grand respect de leur bébé et d’eux-mêmes.

 

 

Claudette Nantel

Psychothérapeute, spécialiste en psychologie périnatale

claudettenantel@sympatico.ca

Cet article est présenté par Maman Kangourou (www.mamankangourou.com

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Ressources additionnelles :

 

En français :

http://cododo.free.fr/ : le site francophone sur le cododo, écrit par Nathalie Roques, rempli d’informations, suggestions, témoignages sur l’expérience personnelle de l’auteur.

 

En anglais :

http://www.nd.edu/~jmckenn1/lab/index.html : le site anglophone sur le cododo, celui du Dr James McKenna, anthropologue américain et autorité mondiale sur le cododo.

 

- McKenna, James J. (2007).   Sleeping with your baby: a parent’s guide to cosleeping.   Washington, DC : Platypus Media, LLC.  Excellent petit livre qui informe les parents sur les facteurs de risque à connaître lorsqu’on veut profiter au maximum de son expérience de partage du sommeil avec son bébé.  Disponible sur internet (moins de 20$) sur www.chapters.indigo.ca ou www.amazon.ca

 

- La revue américaine Mothering a publié en 2002 un numéro spécial sur le co-dodo, dont les articles, encore tout à fait d’actualité, sont regroupés dans un livret,  « Sleeping with your baby: the world’s top scientists speak out »  qu’on peut commander à www.mothering.com/shop ou 1-888.810.4150.  Le numéro de janvier-février 2009 de Mothering contient une mise à jour des plus récentes données scientifiques sur le co-dodo, « The science of sharing sleep », de L. Gettler et J. McKenna.

 

 

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L’art de consoler bébé

17-07-2010
Le bébé pleure parce qu’il a faim, besoin de contact (aussi important que la faim physique), a mal, est inconfortable, est fatigué.  Il...

L’art de consoler bébé

17-07-2010

Le bébé pleure parce qu’il a faim, besoin de contact (aussi important que la faim physique), a mal, est inconfortable, est fatigué.  Il arrive souvent que le bébé pleure et qu’on ne sache vraiment pas pourquoi.  Parfois on saura le lendemain qu’il couvait une grippe ou qu'une dent perçait… Il y a aussi des bébés hypersensibles, plus « difficiles » que d’autres.  Certains psychologues parlent d’un mal d’être relié à une naissance ou des expériences prénatales difficiles.  D’autres souffrent de ce qu’on appelle les « coliques du nourrisson », pleurs inconsolables, en général de longues heures en fin de journée à chaque jour, dont l’origine est difficile à cerner.  Ce qu’on sait maintenant, c’est que le bébé qui pleure a vraiment besoin de la présence d’un adulte compatissant, car il ne peut se consoler seul. 

 

Que peuvent faire les parents pour que leur bébé pleure moins?  D’abord, prévenir.  Nous savons que les bébés dans les cultures où l’on pratique le maternage proximal (portage, cododo, proximité des parents) pleurent beaucoup moins que les bébés d’Amérique du Nord et d’Europe.  Une recherche faite à Montréal dans les années 80, révèle que les bébés qui sont portés durant au moins 3 heures par jour dans les bras de leurs parents ou dans un porte-bébé, pleurent de 40 à 50 % moins que les autres qui ne sont portés que pour le nourrissage et autres nécessités.  D’autres études révèlent que les bébés qui sont plus souvent mis au sein, qui ont donc plus de tétées par jour, et ceux qu’on ne laisse pas pleurer sans les consoler, pleurent moins.   Au fond, pleurer est l’ultime recours du bébé.  Si on est attentif, on s’aperçoit que le bébé nous donne des indices de ses besoins bien avant de pleurer.  Il est plus facile d’anticiper les besoins d’un bébé qu’on porte sur soi une bonne partie de la journée.  On apprend à mieux saisir ses signaux de détresse et de satisfaction.

 

Il existe une gamme de « trucs » pour consoler et calmer le bébé : le prendre dans ses bras, le mettre au sein, par exemple.  Chaque truc fonctionne pour certains, pas pour d’autres.  Chaque bébé a ses trucs qui fonctionnent le plus souvent, mais pas toujours.  Et si bébé demeure inconsolable malgré tous nos efforts? Ou qu’il se réveille pour la quatrième fois depuis que je l’ai couché?  Je n’en peux plus, même si je sais qu'une dent est probablement en train de percer!  À ce moment, la méthode « CALMS »  peut être utile.  Cette méthode en 5 étapes met l’accent sur la nécessité de s’occuper d’abord de soi avant d’intervenir auprès du bébé.

 

Étape 1 : Avant même d’aller vers le bébé qui pleure, je prends un moment pour être présente à moi-même et identifier ce que je sens : je me sens anxieuse, en colère, coupable, désespérée, épuisée, incompétente, mauvaise mère, etc.?  Je prends le temps de sentir où ces émotions se logent dans mon corps.  Je m’accueille avec compassion, comme si j’observais une bonne amie qui vit la même chose. 

 

Étape 2 : Je prends quelques respirations profondes, les pieds bien enracinés au sol. 

Au besoin, je bois un verre d’eau, regarde par la fenêtre. J’attends d’être plus calme, plus centrée.  Ça prend parfois quelques minutes…

 

Étape 3 : Ensuite j’écoute attentivement les pleurs de mon bébé : « qu’est-ce que tu essayes de me dire, petite?  Qu’est-ce j’entends dans tes pleurs? »  La panique, la douleur, la frustration, la colère, la peine, …?

 

Étape 4 : Une fois que j’ai senti, je parle au bébé.  Je peux la prendre et l’installer devant moi, en face à face. « Je sens que tu es frustrée, que tu as peur, que tu es en colère, … (selon ce que je sens).  Je t’entends, ma chouette.  Je suis ici avec toi.  Je veux t’aider. »  On ne dit jamais : «  Chut, là c’est fini, tu n’as plus de raison de pleurer. »  Si elle pleure encore dans mes bras quand je lui parle, après m’être bien enracinée et centrée, c’est qu’elle a encore quelque chose à exprimer.  On peut aussi à cette étape partager avec elle ce qu’on sent : « Moi aussi je suis fatiguée, frustrée de ne pas mieux comprendre ce qu’il te faut.  J’essaye de me calmer pour mieux t’aider. » Il est possible que le bébé pleure encore plus fort à cette étape.  Je lui laisse savoir que je l’entends, que je sais qu’elle n’est vraiment pas bien.  Même si elle continue d’hurler, le message que vous êtes là avec elle, que vous vous souciez vraiment d’elle, sera enregistré. 

 

Étape 5 : Maintenant on peut poser le ou les gestes qu’on estime nécessaires pour calmer bébé.  Vous la prenez sur vous, lui offrez le sein, etc.  Vous vous apercevrez que c’est là qu’elle pourra se calmer vraiment.  Souvent elle s’endormira profondément, beaucoup plus calme que si vous l’aviez prise au moment où vous étiez raide de frustration, de colère ou d’impatience.

 

Cette méthode ne règle pas tout, mais favorise une relation de respect et de confiance entre le bébé et ses parents.  Si un bébé pleure beaucoup, il est nécessaire de consulter pour en connaître la cause et intervenir.  Il est aussi très important de ne pas rester trop longtemps seule avec un bébé qui pleure beaucoup.  Même si Papa n’a pas tout de suite une facilité pour consoler bébé, faites-lui confiance.  Parlez-lui des 5 étapes.  Ça s’apprend.  Des contacts avec d’autres mères, avec ceux qui vous soutiennent habituellement vous permettront de « recharger vos batteries », en plus de vous offrir parfois un répit.  Le bébé a besoin qu’on l’accompagne dans ses pleurs, mais souvent un autre adulte que maman ou papa peut très bien faire l’affaire.

 

Claudette Nantel

Psychothérapeute, spécialiste en psychologie périnatale

claudettenantel@sympatico.ca

Cet article est présenté par Maman Kangourou (www.mamankangourou.com

 

 

 

 

Réf. :

- (CALMS. A guide to soothing your baby. Par Carrie Contey et Debby Takikawa (2007). Disponible aux É-U (environ 12$ U.S.) surwww.amazon.com).  Merveilleux petit livre qui parle des besoins des bébés, donne aussi des exemples de l’application de la méthode CALMS.

 

- « 7 choses que les parents doivent savoir à propos des pleurs des bébés », du Dr William Sears : http://autourdelanaissance.over-blog.org/categorie-10212134.html  

 

Ne pleure plus bébé!  Par Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau (2008),  Ed. Jouvence.  Disponible en librairie ou en ligne (env. 9$) http://www.mamanautrement.com/index.php/fr/boutique/lecture/lecture-education/12/ne-pleure-plus-bebe/43/

 

 

 

 

Materner bébé avant sa naissance

08-11-2010
Les émotions de la mère sont ressenties par le fœtus durant la grossesse, mais qu’en fait-il?  Certaines mères se...

Materner bébé avant sa naissance

08-11-2010

Les émotions de la mère sont ressenties par le fœtus durant la grossesse, mais qu’en fait-il?  Certaines mères se             culpabilisent, n’osent se permettre ni tristesse, ni colère, etc. ou se désolent de ressentir tout ce qu’on appelle émotions             négatives.  La vie, elle, est complexe, et ce que le bébé in utero a besoin d’apprendre c’est la « vraie vie », avec toute cette             complexité entremêlée que nous connaissons quotidiennement, incluant les choses merveilleuses qu’on peut faire avec des             émotions dites « négatives ».  En        même temps, ce bébé a les mêmes besoins affectifs avant sa naissance que le nouveau-            né : besoin d’être respecté, aimé, accueilli comme une personne à part entière.  Toutefois, il est humainement impossible             pour une mère, même celle qui a désiré de tout cœur son enfant, d’être continuellement positive face à cet enfant.  Il y a des       jours d’angoisse où elle se dit « Mais dans quoi me suis-je embarquée? »  Ça c’est la « vraie vie » et ce n’est pas un             problème.  La mère peut en rire, une fois l’angoisse passée, avec son bébé…  Parfois, cependant il y a des situations qui             perdurent et qui moulent un peu plus la personnalité du bébé et de l’enfant qu’il deviendra.

 

Prenons l’exemple de Luc, 3 ans, garçon difficile, souvent désobéissant.  Sa mère, Geneviève, se désole et se demande comment il se fait que son fils est un enfant terrible alors que sa fille, Anne, 6 ans, est épanouie et heureuse.  Pourtant elle les aime autant l’un que l’autre.  Elle se souvient que lorsque Luc est né, aussitôt que leurs regards se sont croisés, elle est tombée en amour avec lui.  Mais tout à coup, elle se souvient aussi que lorsqu’elle portait Anne, elle était emballée d’être enceinte et d’accueillir ce bébé.  Par contre, la grossesse pour Luc est survenue à un moment où elle ne voulait pas être enceinte.  Elle a passé une grossesse pleine de colère et de frustration et n’avait pas le gout d’accueillir un bébé dans sa vie. 

 

Suivant son intuition de mère, elle décide d’en parler à son fils.  Elle profite d’un moment tranquille lorsqu’elle est seule à la maison avec lui et qu’il joue tranquillement près d’elle.  Elle lui avoue : « Tu sais Luc, quand tu étais dans mon ventre, je n’étais pas contente d’être enceinte.  Je ne savais pas que c’était toi qui étais dans mon ventre.  Quand tu es né et que j’ai vu que c’était toi, je suis tombée en amour avec toi et je t’aime encore tout autant.  Mais tout ce temps que je n’étais pas contente, tu as du le sentir, et ça t’a surement fait beaucoup de peine. Je te demande pardon de t’avoir fait tant de peine quand tu étais dans mon ventre. »  Luc continue de jouer, semblant n’avoir pas entendu.  Mais progressivement, pendant trois jours, son comportement s’améliore de façon marquée.  Il devient tout autre à partir de ce moment : pas un ange, mais un garçon beaucoup plus équilibré et agréable.  Il semble ne plus avoir besoin d’agir comme un enfant qui dit « si vous ne m’aimez pas, je vais vous donner des raisons de ne pas m’aimer… »  L’aveu sincère de Geneviève et la reconnaissance de sa peine à lui ont permis à Luc de guérir de la blessure qu’il portait de ne pas s’être senti aimé avant sa naissance.

 

Un autre exemple : Marie-Ève, 4 ans, est la seconde de 2 filles.  Jeanne nait la première, petite merveille, les parents sont comblés.  Mais la naissance, avec césarienne d’urgence, est très difficile pour la mère, Nathalie, qui a peur d’accoucher de nouveau.  Quelques années passent.  Puis vient le sentiment qu’on ne peut laisser Jeanne être enfant unique, qu’il lui faut une sœur ou un frère.  Nathalie est contente d’être enceinte la deuxième fois, mais ce n’est pas comme pour Jeanne.  C’est surtout « parce qu’il faut un frère ou une sœur à Jeanne ».  Marie-Ève est un bébé qui tient sa tête droite quand on la tient sur soi; si elle est éveillée, elle ne repose pas sa tête sur l’épaule ni de sa mère ni de son père avant l’âge de 6  mois.  Quoiqu’hypersensible, elle a toujours un genre de bouclier, de distance, dans sa relation avec ses parents.

 

            Nathalie assiste à une présentation sur la conscience des fœtus et de l’impact de leur expérience prénatale sur leur             personnalité. Marie-Ève a à cette époque des comportements vraiment agaçants à la maison, mais jamais à la garderie où             elle est une enfant modèle.  Elle refuse de s’endormir le soir, chante à tue tête, donne des coups de pieds dans le matelas             d’en haut de son lit à 2 étages, dérange tout le monde.  Ces comportements continuent malgré tous les efforts et les             interventions disciplinaires des parents. 

 

            Nathalie est touchée par les histoires d’enfants souffrant de difficultés personnelles reliées à leur vie prénatale et les             interventions qu’on peut faire pour les aider.  Elle craint que sa fille ne se soit pas sentie bien accueillie, pour elle-même,             durant sa grossesse et que ses difficultés présentes en soient le reflet.  Elle part immédiatement chercher Marie-Ève à la             garderie, l’amène manger une pâtisserie, lui parle avec amour de sa grossesse, de sa naissance, du temps où elle était bébé.              Elle obtient la collaboration du père qui fait une sortie semblable avec Marie-Ève peu après.  Ensuite les parents lui montrent             ensemble les photos du temps où elle était bébé, la rassurant sur le fait qu’elle est voulue et aimée pour elle-même, pas             seulement comme sœur de Jeanne. 

 

            Je croise Nathalie l’année d’après, qui me rapporte que la personnalité de sa fille s’est transformée radicalement depuis ce             temps : du jour au lendemain, elle a cessé ses comportements provocants à l’heure du coucher et on sent aujourd’hui à peine cette distance qu’elle mettait toujours entre elle et les autres.  Maintenant, si elle ne peut s’endormir, elle vient dire tout             doucement à ses parents « Je veux quelqu’un avec moi pour m’endormir… ».

 

 

            Claudette Nantel

            Psychothérapeute, spécialiste en psychologie périnatale

            claudettenantel@sympatico.ca

            Cet article est présenté par Maman Kangourou (www.mamankangourou.com

 

Sites intéressants :

 

-       http://www.naissanceaffective.com/ : site de « La préparation affective à la naissance », une démarche pour approfondir son lien avec bébé durant la grossesse et l’accompagner affectivement durant sa naissance.  Pour trouver une praticienne au Québec, cliquer sur « Québec » à partir de la page d’accueil. 

 

            -    http://lacausedesbebes.free.fr/index.html où l’on trouve plusieurs beaux livres sur les bébés comme

                        personnes à part entière, avant et après leur naissance.

 

-       en anglais : http://www.birthpsychology.com/index.html - Site de l’ « Association for Pre and Perinatal Psychology and Health » (APPPAH), consacré à la psychologie périnatale, rempli d’articles intéressants sur la psychologie des bébés de la conception à l’âge de la marche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sommeil de bébé, sommeil de parent

18-11-2010
Le sommeil, le leur et celui de bébé, est une préoccupation majeure des nouveaux parents. Comment se fait-il que les bébés, en plus de ne...

Sommeil de bébé, sommeil de parent

18-11-2010

Le sommeil, le leur et celui de bébé, est une préoccupation majeure des nouveaux parents. Comment se fait-il que les bébés, en plus de ne pas arriver avec un mode d’emploi, ne dorment pas la nuit? Cela est surtout dû à l’immaturité neurologique du nouveau-né dont le cerveau ne pèse que le quart de celui d’un adulte.

 

Le nouveau-né à terme dort en général un total de 16 à 18 heures, par courtes périodes (6 ou 7), réparties sur 24 heures. Il a besoin de manger aux 2 à 4 heures, parfois plus souvent. Jusqu’à l’âge de 6 à 8 semaines, on ne peut pas faire grand-chose pour changer les cycles d’éveil et de sommeil du bébé. Il est très utile pour la survie des parents d’apprendre à faire la sieste le jour quand bébé dort et à se rendormir la nuit après avoir été réveillés, ce qui n’est pas évident pour tous.

 

Vers l’âge de 2 mois, le bébé commence en général à dormir moins le jour et davantage la nuit. Plusieurs bébés, mais vraiment pas tous, arrivent à faire un 5 heures d’affilée la nuit … à l’occasion ou la plupart des nuits. Cinq heures de suite, environ de minuit à 5 heures, c’est la définition scientifique d’une « nuit » de bébé. Si un bébé « fait ses nuits » vers 2 ou 3 mois, il ne faut pas surtout pas se réjouir trop tôt, car il arrive assez souvent qu’un bébé qui dort ses nuits jeune recommence à se réveiller la nuit vers 8 ou 9 mois.

 

En général, les bébés vont très graduellement vers une nuit sans réveil, puisque c’est une question de maturation neurologique. Ils y arrivent, plusieurs aussi tôt qu’à un an ou deux, d’autres prolongent encore plus, sans qu’on puisse dire qu’ils ont un problème de sommeil. Les systèmes nerveux, les tempéraments diffèrent d’un bébé à l’autre. La plupart des bébés s’éveillent de 2 à 3 fois la nuit jusqu’à 6 mois, et de 1 à 2 fois jusqu’à 1 an. À 2 ans, 50% des enfants se réveillent encore au moins une fois la nuit, à 3 ans de 20 à 35% le font. En général les enfants de 5 ans font leur nuit…

 

Peut-on encourager le bébé à faire ses nuits plus tôt que plus tard? Il existe grosso modo 3 approches : primo, laisser pleurer le bébé. Secundo : répondre au bébé selon ce qu’il exprime comme besoin, et tout simplement attendre que son cerveau mature assez pour qu’il dorme la nuit. Tertio : une solution mitoyenne, qui encourage doucement le bébé à faire ses nuits, mais sans le laisser pleurer.

 

Je ne recommande pas la première approche qui consiste à laisser pleurer le bébé pendant un certain nombre de minutes avant de le réconforter, à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il se rendorme et ce, quelques jours de suite. Cette technique ne respecte pas les besoins affectifs du bébé. Ce dernier n’a pas encore appris à se consoler seul et qu’il est donc très difficile pour lui de pleurer 5 minutes, 10 minutes sans qu’on le réconforte. Plusieurs parents qui l’ont essayé m’ont dit avoir cessé, parce que ça ne marche vraiment pas avec tous les enfants, ou bien parce qu’ils avaient le cœur en compote de faire vivre ça à leur bébé.

 

La seconde approche convient très bien aux parents qui pratiquent le co-do et/ou qui ont un enfant qui n’ « abuse » pas. Par contre, si vous avez un bébé qui se réveille 8 fois par nuit et ne se rendort jamais seul, même en co-dodo c’est parfois malcommode, voire épuisant.

 

D’où l’intérêt pour la troisième approche, très intéressante parce qu’elle prend en compte l’immaturité neurologique de l’enfant et ses besoins affectifs. La méthode consiste surtout à apprendre progressivement au bébé à se rendormir par lui-même quand il s’éveille la nuit. Il faut d’abord observer comment son bébé s’endort : dans les bras de maman, au sein ou au biberon, avec une tétine, etc. Le truc est ensuite de lui donner ce qu’il faut pour l’aider à s’endormir, mais le déposer dans son lit presqu’endormi. Il apprendra ainsi comment s’endormir seul dans son lit et quand il se réveillera la nuit, ce qui est normal, il arrivera bientôt à se rendormir par lui-même – à moins qu’il ait faim ou ait vraiment besoin de ses parents pour d’autres raisons.

 

Je vous résume ici les grandes lignes d’une approche qui peut être assez complexe, selon le bébé, son âge et ses habitudes d’endormissement. Si vous éprouvez le besoin d’en savoir plus, je vous propose deux livres. Dr Cathryn Tobin, pédiatre à Toronto et auteure de « Bébé fait ses nuits », parle d’une « période propice », de 2 à 7 mois, pour entrainer plus facilement bébé dans l’art de l’endormissement autonome. Si on attend que le bébé ait 9 mois avant d’encourager cet apprentissage, cela risque d’être plus long, car à cet âge l’enfant a déjà des habitudes d’endormissement difficiles à défaire. Si vous cherchez des solutions pour un enfant de 9 mois ou plus, ou si vous allaitez et pratiquez le co-dodo, peut-être « Un sommeil paisible et sans pleurs » d’Elizabeth Pantley vous conviendra-t-il mieux. L’auteure est mère de 4 enfants dont 2 ont présenté des problèmes d’endormissement importants. Elle décrit comment parents et enfants peuvent en arriver à un sommeil paisible, en posant des gestes très respectueux de l’enfant.

 

Courage à celles et ceux d’entre vous qui sont découragés : tous les bébés finissent par faire leurs nuits… Le jour où vous ne dormirez pas « parce qu’elle n’est pas encore rentrée », vous vous souviendrez peut-être avec une certaine nostalgie de la tendresse que vous avez partagée avec elle durant ces nuits difficiles…

 

 

Claudette Nantel,

Psychothérapeute, spécialiste en psychologie pré et périnatale

claudettenantel@sympatico.ca

Cet article est présenté par Maman Kangourou (www.mamankangourou.com) (METTRE LOGO DE MAMAN KANGOUROU)

 

 

Des livres qui vous guideront pour inculquer de bonnes habitudes de sommeil à votre bébé sans le laisser pleurer :

 

Élizabeth Pantley (2005). Un sommeil paisible et sans pleurs. Aider en douceur son bébé à dormir toute la nuit.

Utile avec un bébé de tout âge, mais particulièrement si vous avez un bébé plus âgé (8 mois +). Celles d’entre vous qui pratiquent le co-dodo apprécieront les trucs spécifiques qui y sont suggérés.

Disponible en librairie ou en ligne chez l’éditeur ADA en Montérégie http://www.ada-inc.com/index.php Environ 20-25$.

(traduit de l’anglais, The no-cry sleep solution. Gentle ways to help your baby sleep through the night, paru en 2002.)

 

Dr Cathryn Tobin (2007). Bébé fait ses nuits. Prévenez les problèmes de sommeil avant qu’ils ne surgissent.

(Éditions de l’Homme) disponible facilement en librairie ou en ligne. Environ 25$.

Je recommande ce livre surtout si vous avez un jeune bébé (qui n’a pas dépassé la « période propice » de 2 à 7 mois).

(traduit de l’anglais, The lull-a-baby sleep plan, paru en 2006)